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lundi 9 novembre 2009

Chute du Mur de Berlin; le 9 novembre 1989 : Une défaite politique majeure de la formoisie (2)

Si le contenu de cette deuxième partie n'est pas encore écrite (Je profite de mon créneau Internet pour recueillir de la documentation avec des liens cliquables), le contenu est parfaitement clair : la formoisie russe envahit les pays de l'Est. Elle est contrainte de construire des Etats formois.
Mais va devoir contraindre une partie de la haute et moyenne formoisie à rester (celle qui produit le capital humain) et va devoir exploiter la petite formoisie et le formariat.
Les murs, les frontières, les assassinats aux frontières serviront à cela : empêcher le capital humain de s'enfuir !!!
De s'enfuir pour se faire exploiter ailleurs ou pour aller récupérer davantage de butin colonial.
En exergue, la citation - amusante - que je viens de trouver résume l'analyse :

"La construction du Mur de Berlin, expliquai-je lors d'un meeting en plein air organisé près de Sauchiehall Street, avait une fonction évidente : empêcher les " éléments bourgeois ", vitaux pour la croissance économique, de quitter le pays. Lorsqu'une espèce de brute s'exclama : " Foutaise ! C'est pour garder les travailleurs dedans ! ", je choisis, fort commodément (et pertinemment), de le cataloguer comme un ivrogne."
Tony Cliff Un monde à gagner Introduction - Paul Foot 1998
2° partie LES CHARS RUSSES DE LA FORMOISIE EN 1945
à paraître

Chute du Mur de Berlin; le 9 novembre 1989 : Une défaite politique majeure de la formoisie (1)

Quand, deux jours plus tard, le milliardaire Antoine Riboud prête son jet privé au violoncelliste virtuose cachetois Rostropovitch, les deux complices se sont pas dupes :

Au petit matin du 11, il appelle son vieil ami le capitaine d'industrie Antoine Riboud, président de Danone, qui avait tant soutenu les initiatives du violoncelliste, notamment au Festival d'Évian qu'ils avaient créé : qu'il fasse, lui dit-il, préparer son avion privé. Riboud lui signale qu'il a tout de même besoin de connaître la destination, ne serait-ce que pour demander l'autorisation d'atterrir. Slava lui répond : «Nous partons pour Berlin.» Et voici deux hommes et un violoncelle envolés pour ce qui n'était pas encore redevenu la capitale allemande. Une fois arrivés, ils montent dans un taxi, mais pour aller où ? Le mur de Berlin est très étendu ! Ils optent pour Check Point Charlie, le point de passage symbolique de l'Est à l'Ouest. Rostropovitch et Riboud descendent de voiture, le musicien sort son violoncelle de l'étui et se rend compte qu'il a oublié un détail : il n'a pas de chaise. Riboud ne se laisse pas perturber par si peu : il entre dans une guérite de gardiens et emprunte le siège de l'un d'eux, récalcitrant au début, puis dubitatif, et enfin résigné. Rostro s'assoit devant le Mur et se met à jouer Bach, que cet homme profondément spirituel avait toujours associé à Dieu. (Le Figaro Christian Merlin 09/11/2009 )

Ils vont fêter la victoire de la classe capitaliste.

La victoire de la principale classe exploiteuse des 19° et 20° siècle sur sa principale classe ennemie. Une victoire qui réjouit les classes exploiteuses secondaires alliées à la bourgeoisie : classe innovoise, classe « cachetoise », classe « gangsteroise », classe « égérioise » et toutes les autres.... Une victoire qui réjouit donc tous les Rostropovitch de la planète – cachetois corrompus de l'Ouest capitaliste et cachetois corruptibles de la geôle formoise stalinienne qui vont pouvoir participer au partage du butin colonialiste.

Tous les Riboud de la planète, tous les Rostropovitch de la planète sont des crapules. Des crapules dignes des crapulerie des crapules staliniennes. Le luxe de ces gens-là, les émissions carbone de ces gens-là sont la cause de la destruction de la planète Terre.


Mais les crapules staliniennes de l'Est ont – elles aussi – contribué à cette destruction. Et dans le combat entre les gangsters capitalistes et les gangsters formois, nous ne sommes pas partie prenante. Notre combat est celui des classes exploitées, celui des classes qui vivent actuellement avec moins de 600 euros par mois.

1° partie : DÉFAITE DE 1989, VICTOIRE DE 1927

Cette défaite de 1989, cette défaite de la classe formoise que vont fêter les gangsters exploiteurs Riboud et Rostropovitch est la clôture d'un cycle entamé en 1927.

En janvier 1922, le salaire d'un ingénieur russe atteint et dépasse celui d'un ouvrier. Le processus ne cessera plus jamais.

« Au ­cours de l'année 1922, il est clair que l’appareil du parti est en train de prendre la haute main sur l'ensemble de l'organisation, et, par elle, sur la vie du pays tout entier, de se substituer en somme au parti, comme le parti s'était substitué aux soviets. Cela est clair dans l'évolution des commissions de contrôle, qui deviennent un appendice de la bureaucratie qu'elles avaient pour mission de combattre. » (Pierre Broué Le parti bolchévik La montée de l'appareil après le X° Congrès.On peut télécharger le livre entier sur Marxists.org Toutes les citations proviennent de l'ouvrage)


Si c'est en 1922, en janvier, qu'on peut considérer être la date du début du Thermidor contre-révolutionnaire formois, c'est en 1927 que la victoire est acquise par la nouvelle classe exploiteuse. Le 1927 stalinien est l'équivalent du 1794 de la bourgeoisie. La défaite du processus de révolution égalitariste.

« C'est dans cette ambiance que Staline va redemander au comité central qui siège du 21 au 23 octobre l'exclusion de Trotsky et Zinoviev. Le récit de ces scènes de sauvagerie a été fait maintes fois : Trotsky à la tribune, protégé par ses amis, injurié, menacé - on lui lancera des livres, des encriers, un verre - martèle ses mots, méprisant : « Le caractère fondamental de notre actuelle direction est sa croyance dans l'omnipotence des méthodes de violence - même à l'égard de son propre parti. [...] Vos livres, on ne peut plus les lire, mais ils peuvent encore servir à assommer les gens »1. Il dit que Staline veut maintenant tracer entre l'opposition et le parti un « trait de sang », prédit les massacres et l'épuration, conclut : « Vous pouvez nous exclure. Vous ne nous empêcherez pas de vaincre ». Staline, aussi calme que Trotsky dans cette assemblée de démons déchaînés, répond à Zinoviev, qui a évoqué le testament de Lénine et le post-scriptum sur sa brutalité : « Oui, je suis brutal, camarades, avec ceux qui travaillent brutalement et déloyalement à ruiner et scinder le parti. Je ne l'ai jamais caché »2. Pour lui, l'opposition, l'affaire de l'imprimerie le démontre, a été épaulée « contre son gré et contre sa volonté par les éléments anti-soviétiques ». Elle s'engage dans la voie de la scission. Il faut la frapper : Zinoviev et Trotsky sont exclus du comité central, dompté. »


Les gangsters politiques de la formoisie que sont les staliniens vont se déchainer lors de l'anniversaire du 7 novembre 1917. C'est le 7 novembre 1927 que les masques tombent définitivement et que l'école de la violence stalinienne montrait son visage hideux sur la scène politique. Une école de la violence politique dont, au 21° siècle, un des élèves appliqués – l'élu émule PCF-Montivillers Aurélien Lecacheur - arrachait, en mimant des menaces physiques additionnelles, les affiches égalitaristes de Julie Amadis –.


« La manifestation du 7 sera bien préparée des deux côtés : à ce jeu, pourtant, les oppositionnels, poignée courageuse de lutteurs dans la masse indifférente, sont battus d'avance. On a peu de détails sur l'échec de la manifestation de l'opposition à Kharkov, où Racovski conduit les hommes dans la rue. A Léningrad, ils parviennent avec leurs pancartes jusqu’à la tribune officielle, mais sont adroitement déviés ensuite par le service d'ordre qui les isole de la foule et retiendra Zinoviev et Radek jusqu'à ce que chacun soit rentré chez soi. Il y aura quelques accrochages entre la milice et plusieurs centaines de manifestants conduits par Bakaiev et Lachévitch, en uniforme. A Moscou, l'affaire sera plus sérieuse : les manifestants de l'opposition, dispersés par petits groupes dans la foule qui converge vers la place Rouge, déploient pancartes et banderoles, plus d'une centaine, selon l'estimation d'un renégat de l'opposition, immédiatement brisées ou déchirées par les activistes postés le long du parcours et qui encadrent ensuite les porteurs. Seuls les étudiants chinois parviendront à conserver les leurs jusqu'à la place Rouge. Aussitôt après, les groupes ainsi repérés sont dispersés, frappés, certains manifestants arrêtés. Un commando pénètre dans la maison des Soviets, ou Smilga a accroché au balcon de son appartement une banderole et les portraits de Lénine et Trotsky : les militants présents sont frappés. Les mêmes incidents éclatent à l'hôtel du Grand Paris où Préobrajenski, qui a dirigé la manifestation, est roué de coups. Trotsky, venu en voiture, tente de haranguer une colonne d'ouvriers place de la Révolution. Il est aussitôt encadré par les miliciens et conspué, un coup de feu claque, brisant les vitres de l'auto. Il doit renoncer. »


Et, tout au long du 20° siècle, les crapules staliniennes vont tout faire pour empêcher de nouvelles révolutions anticapitalistes. A commencer par le sabotage de la Révolution Chinoise à Shanghai en 1927. (Il faut lire Les Conquérants et la Condition Humaine de André Malraux, livre écrit avant qu'il ne se soit stalinisé puis devenu …. ministre gaulliste.).
Ce sabotage contre-révolutionnaire aura pour « nom de code » le « socialisme dans un seul pays ».

Il mènera au soutien objectif de l'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933 en Allemagne. Ce sabotage utilisera à grande échelle le crime.
Crimes à l'intérieur de l'URSS, crimes à l'extérieur de l'URSS. Depuis les procès de Moscou jusqu'à assassinat en Espagne, jusqu'au meurtre de Léon Trotsky au Mexique.

Dès 1935, les signes avant-coureur montraient jusqu'où allait aller le crime stalinien, jusqu'où la classe formoise était prête à faire couler le sang :

« Jdanov succède à Kirov et Nikita Khrouchtchev, le 9 mars, est nommé premier secrétaire du parti à Moscou.

Il est difficile, a posteriori, de nier la préparation d'une répression quand on examine les mesures législatives adoptées dans la première moitié de l'année 1935 : un décret du 30 mars punit de cinq ans de prison le port ou la possession d'un couteau ou d'une arme blanche. Celui du 8 avril étend les pénalités de droit commun, peine de mort comprise, aux enfants à partir de douze ans. Celui du 9 juin punit de la peine de mort l'espionnage, le passage à l'étranger; les membres majeurs de la famille qui n'auraient pas dénoncé un crime sont considérés comme complices et passibles de deux à cinq ans de prison et de la confiscation de leurs biens. S'ils peuvent prouver qu'ils ignoraient l'intention du criminel, ils sont encore passibles de cinq ans de déportation. Ainsi s'établit la responsabilité familiale collective. »


En 1936, la barbarie stalinienne enlève son masque :

Le 19 août s'ouvre le « procès des Seize », le premier des«procès de Moscou ».

Le procès des Seize.

L'acte d'accusation est publié le même jour. C'est le procureur Vychinski qui le présente devant le tribunal militaire de la cour suprême de l'U.R.S.S., formé de trois juges militaires et présidé par Ulrich. Les seize accusés forment, au premier abord, un ensemble assez hétérogène. Il y a en effet parmi eux quatre des plus connus des représentants de la vieille garde, les anciens dirigeants de la « nouvelle opposition », Zinoviev, Kamenev, Evdokimov, Bakaiev. déjà plusieurs fois condamnés, dont une fois pour complicité dans l'assassinat de Kirov; on peut rattacher à leur groupe les personnalités moins connues des vieux responsables que sont Pickel, ancien secrétaire de Zinoviev, et Reingold, ancien collaborateur de Sokolnikov aux finances, tous deux, comme les précédents, anciens membres de l'opposition unifiée. Les anciens trotskystes de l'opposition de 1923, de l'opposition unifiée et de l'opposition de gauche constituent un deuxième groupe :

Ivan Nikititch Smirnov et Serge Mratchkovski, anciens dirigeants de l'opposition, ont renoncé à la lutte en 1928-29. Dreitser, officier de l'armée rouge, proche collaborateur de Trotsky qu'il a soutenu pendant la lutte de 1926-1927, Ter Vaganian, écrivain et journaliste de la jeune génération, ont également capitulé à cette époque. Un haut fonctionnaire, Goltsmann, a rendu visite à Trotsky pendant sa déportation, mais, s'il a sympathisé avec l'opposition il n'en a pas été membre. Le dernier groupe enfin est formé d'inconnus chez qui l'interrogatoire révèlera un passé ténébreux : ce sont Olberg, Berman-Iourine, Fritz David, Moïse et Nathan Lourié. Tous ces hommes annoncent qu'ils plaideront coupables et refusent l'assistance d'avocats.

La thèse de l'accusation affirme qu'à la fin de 1932 Smirnov, Mratchkovski et Ter Vaganian, « ex-trotskystes réintégrés », ont constitué avec Zinoviev et Kamenev un « centre » afin de préparer et d'exécuter des attentats terroristes contre les dirigeants du parti et du pays. Trotsky et Sédov ont, dans ce but, envoyé en U.R.S.S. des terroristes, les six inconnus du banc des accusés, munis de passeports et de visas fournis par la Gestapo. C'est le centre qui, par l'intermédiaire de Zinoviev, a transmis l'ordre, donné par Trotsky, de tuer Kirov. Il n'y a pas de preuve matérielle : l'acte d'accusation ne s'appuie que sur les aveux des inculpés, obtenus d'ailleurs depuis peu, puisque Kamenev n'a avoué que le 13 juillet, Mratchkovski le 20, Pickel le 23 et d'autres à la veille même du procès, Evdokimov le 12 août, Smirnov le 13, Ter Vagaman le 14.

Les contacts du centre avec Trotsky sont attestés par Goltsmann, qui dit avoir eu une entrevue avec Sédov en novembre 1932 à l'hôtel Bristol de Copenhague, puis avec Trotsky lui-même, dans la même ville, et en avoir reçu des instructions pour développer le terrorisme. Mratchkovski déclare qu'en décembre 1934 il a reçu, par l'intermédiaire de Dreitser, qui avait rencontré Sédov à Berlin, une lettre de Trotsky écrite à l'encre sympathique, fixant comme tâche « l'assassinat de Staline et de Vorochilov ». Moïse Lourié avoue avoir reçu, en mars 1933, à Berlin, des instructions de Trotsky de la bouche de Ruth Fischer et Maslow. Bakaiev s'accuse d'avoir veillé aux préparatifs de l'assassinat de Kirov. D'autres accusés avouent avoir préparé des attentats contre des personnalités diverses, Staline, Vorochilov, Kaganovitch, Jdanov, Ordjonikidzé, Kossior, Postychev. Les dirigeants reconnaissent avoir participé personnellement à l'organisation de ces crimes. «Nous brûlions de haine » affirme Zinoviev, après que Kamenev ait dit : « Ce qui nous a guidés, c'était une haine sans borne contre la direction du parti et du pays, la soif du pouvoir » .

Le procureur Vychinski requiert la peine de mort contre « ces clowns, ces pygmées », « ces aventuriers qui ont essayé de piétiner de leurs pieds boueux les fleurs les plus odorantes de notre jardin socialiste » : « Il faut fusiller ces chiens enragés. » La presse orchestre le réquisitoire dans le même style; les Izvestia du 23 août écrivent : « Ils n'ont rien dans l'âme, si ce n'est une haine bestiale mûrie durant dix années contre notre soleil Staline et le génie victorieux de l'impureté contre-révolutionnaire. » Le 24, tous les accusés sont reconnus coupables et condamnés à mort. Les Izvestia célèbrent « le seul humanisme, [... ] la défense du régime qui, sous la direction du grand Staline, assure à des millions d'hommes la vie nouvelle, la vie libre ». Le 25, les seize condamnés sont exécutés. La Pravda écrit : « Depuis que c'est fait, on respire mieux, l'air est plus pur, nos muscles acquièrent une vie nouvelle, nos machines marchent plus allègrement, nos mains sont plus prestes. »


Comme tous les criminels ne sont que de rusés crétins, la suite de l'ouvrage de Pierre Broué démontait toute la machinerie du formois stalinien procureur Vichinski

« (…) Bientôt d'ailleurs, l'édifice précaire s'effondre sous les investigations de ceux qui vérifient ce qui est vérifiable. On apprend du Danemark que l'hôtel Bristol, où Goltsmann a avoué avoir rencontré Sédov à la fin de décembre 1935, a été démoli en 1917 et qu'il n'y a plus à Copenhague d'hôtel de ce nom. Sédov prouve d'ailleurs par des témoignages comme par ses visas de l'époque qu'il ne s'est jamais rendu à Copenhague. (…)



La formoisie russe voulait mettre au pas le peuple russe et le soumettre à son idéologie, à l'acceptation de ses privilèges. Il fallut massacrer en masse :


« L'ampleur de l’épuration, le nombre des arrestations et des exécutions n’ont jamais été officiellement révélés. Alexandre Weissberg parle de sept millions de personnes arrêtées. Dallin et Nicolaievski estiment que de sept à douze millions de soviétiques ont été condamnés aux travaux forcés. Ces estimations, invérifiables, ne semblent pas invraisemblables, dans la mesure où les successeurs de Staline ont accumulé les précautions pour dissimuler le chiffre exact des arrestations arbitraires qu'ils dénonçaient. Sur ce nombre, combien d’exécutions? (…) »
L'extermination des bolcheviks.

Cependant, si les dimensions de la purge restent aujourd’hui encore du domaine des hypothèses, il n'en est plus de même de sa signification. La grande purge a frappé d'abord et avant tout la vieille garde des bolcheviks, les survivants du parti de Lénine, ceux qui reparaissent aujourd’hui, les uns après les autres dans les notices biographiques à la fin des œuvres de Lénine avec la mention. «Tomba victime des calomnies des ennemis.»
L'établissement d'une liste complète des militants et diri­geants bolcheviques, cadres de la révolution et de l'Etat soviétique du temps de Lénine, exécutés pendant la grande terreur est une tâche irréalisable aujourd'hui. Une simple énumération, pourtant, s’impose, en soi déjà terriblement significative. Les plus connus des vieux-bolcheviks, Zinoviev, Kamenev, Boukharine, ont disparu, exécutés après leurs procès : ils étaient, avec Staline et Trotsky, les sur­vivants du bureau politique du temps de Lénine. Nous avons vu que les condamnés des grands procès étaient parmi les hommes les plus représentatifs de la vieille garde bolchevique : Bakaiev dirigeait la Tcheka, Racovski Ivan Smirnov, Sérébriakov, Piatakov étaient membres du comité central pendant la guerre civile et tous les hommes cités par le testament de Lénine, sauf Staline et Trotsky ont été exécutés, comme traîtres. (…) Les militants disparaissent par pans entiers : ainsi, d'un seul coup, tous les communistes russes, techniciens ou diplomates ayant joué un rôle en Espagne, Antonov-Ovseenko comme Rosenberg, le général Berzine et Stachevskl comme Michel Koltsov, l'envoyé spécial de la Pravda. Presque tous les communistes étrangers réfugiés à Moscou sont frappés. Ainsi disparaîtront les Allemands Heinz Neumann, Remmele, Fritz Heckert, vétéran spartakiste, le spécialiste des questions militaires Kiepenberger, et d’autres noms connus, toute la vieille garde du parti communiste polonais, Warski, l'ami de Rosa Luxembourg, Wera Kostrzewa, déjà citée, Lenski et Bronski, combattants de la révolution russe, les Hongrois dont la liste s'allonge aujourd'hui à la fin des œuvres rééditées de Béla Kun: et d'abord Béla Kun lui-même. (…)

C'est la vengeance des menchéviks formois, des planqués et même des larbins du tsarisme sur les vrais bolchéviks.


Une analyse par secteurs de l'activité soviétique de l‘origine politique des victimes de la purge fait apparaître clairement, non seulement que les cadres d'origine révolutionnaire ont été exterminés, mais encore que la majorité des «ralliés» a survécu à la purge et en a bénéficié. Parmi les économistes, Boukharine, Smilga, Préobrajenski, Bazarov ont été liquidés : l'ancien menchevik Stroumiline, collaborateur du gouvernement tsariste pendant la guerre, devient le théoricien officiel. Les diplomates d’origine révolutionnaire, Krestinski, Iouréniev, Karakhane, Antonov-Ovseenko, Kotzioubinski, sont exécutés : les anciens mencheviks. Maiski, Troianovski, l'ancien bourgeois démocrate Potemkine, tous ralliés tardivement, survivent et progressent dans la hiérarchie. Tous les premier. Tchékistes fameux Lettons Peters, Latsis, Peterson, les premiers collaborateurs de Dzerjinski, Agranov, Pauker, Kedrov, Messing, Trilisser, sont exécutés avec l'avènement d'Ejov, mais Zakovski, rallié après la guerre civile, survit et dirige les interrogatoires. (…) La comparaison des listes d'exécutés avec celle des organismes dirigeants est édifiante : plus de la majorité absolue des membres du comité central de 1917 à 1923, les trois secrétaires du parti entre 1919 et 1921, la majorité du bureau politique entre 1919 et 1924. »


Deuxième et troisième procès de Moscou, sabotage de la Révolution espagnole, massacre de toute la hiérarchie de l'Armée Rouge, pacte germano-soviétique, politique de reparution de l'Humanité en France, accords de Yalta, en tous temps, en tous lieux, la formoisie stalinienne ne faisait que défendre ses privilèges tout en cherchant à limiter la surface géographique de la défaite du capitalisme.
Paradoxe ?
Aucun paradoxe : la formoisie russe craignait comme la peste la
confrontation avec une révolution concurrente : des révolutionnaires chinois victorieux en 1927 auraient fait trembler son pouvoir fragile : Les trostkystes – malgré leur confiusion sur la question de l'égalitarisme – aurait pu trouver en Chine un asile pour leur combat antibureaucratique.

Une victoire de la paysannerie – en Chine ou en Espagne – aurait remis en cause l'explosion brutale de la grille des salaires russes, en faveur de la haute formoisie.

Ce fut d'ailleurs – plus tard – la véritable cause (restée occultée) de la rupture sino-soviétique.

Après la 2° Guerre Mondiale, le sabotage de la révolution grecque, la tentative de sabotage de la révolution yougoslave n'avait pas d'autre cause : il fallait que la formoisie russe conserve le contrôle politique absolu. Et donc, qu'elle parvienne à empêcher – tant qu'elle le pouvait – la construction d'Etat formois concurrents à l'URSS formoise.
La victoire de la Révolution chinoise, en 1949, se produisit malgré les souhaits de Staline.


2° partie LES CHARS RUSSES DE LA FORMOISIE EN 1945
à paraître


mardi 9 juin 2009

Sur Abidjantalk : Stalinisme, égalitarisme, formoisie, vérité historique. Une réponse à un contradicteur

sam kehi,le Guere a écrit:
Reponse à Yanick Toutain: 
  
Parles-tu d'egalite' des chances ou d'egalistarisme?  Il me semble qu'il existe une tres grande difference .
L'egalistarisme est une utopide  par ce qu'il est absolu,  et c'est tant mieux si tout le monde n'y croit pas  sans quoi il ferait renaitre le stalinisme et le regime des Kmer Rouges.
 
 Beaucoup de reactionnaires africains ont fait le lit a' l'arrogance de la France .Plus proches de nous on peut citer  les Soro Guillaume,Allassane ouattara,   Charles Taylor du liberia , Abooulaye Wade, Toumani Toure' le putschiste devenu "democrate", Compaore' le capitaine felon, Abdoulaye Wade l'hypocrite fieffe' , et plus loin des gens  le DJ au pouvoir a' Madagascar.
 


Je réponds à un texte qui contient une profonde erreur historique
C'est en effet, en étudiant le stalinisme et ses causes que j'ai récouvert l'urgence historique d'un programme égalitariste. 
C'est en découvrant que l'inégalité des salaires a commencé après le mois de décembre 1921 en URSS, que j'ai commencé à comprendre que la formoisie, la classe formoise des salariés exploiteurs avait commençé à détruire la Révolution de 1917. 

Le stalinisme est le POUVOIR DES DIPLÔMES ! 

Prétendre le contraire est soit une ERREUR, soit un MENSONGE. 

J'apprécierais que l'auteur de ce bug historique vienne rectifier son message et préciser que le stalinisme est le PIRE ENNEMI DE l'EGALITARISME. 

Je renvois le lecteur curieux à l'ouvrage de Léon Trotsky "La révolution trahie". 
Ce livre contient des dizaines d'exemples montrant les INEGALITES CROISSANTES sous le pouvoir de Staline. 

Je cite de longs extraits du livre de Trotsky 
http://monsyte.blogspot.com/2009/04/critique-materialiste-dialectique-du_22.html 
... pour le mettre face à ses contradictions : il aurait du lutter contre une CLASSE SOCIALE et non, seulement, contre une BUREAUCRATIE. 

Il n'y a que l'égalitarisme qui soit susceeptible d'empêcher les NOUVELLES TRAHISONS de la FORMOISIE AFRICAINE. 

Cette classe formoise craint de voir son hypocrisie (et sa trahison historique) être démasquées.

mercredi 3 juin 2009

Sur Libération :Histoire du trotskysme, histoire de l'égalitarisme (un abrégé) en réponse à un ignorant

réaction précédente
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Histoire du trotskysme, histoire de l'égalitarisme (un abrégé)
La LCR a été créée suite à la dissolution par la bourgeoisie de la Ligue Communiste.
Elle succède au provisoire Front Communiste Révolutionnaire, qui a vécu, dans une semi-clandestinité en 1973.
La LC, Ligue Communiste avait organisé une attaque du meeting fasciste, le 21 juin 1973, en commun avec l'organisation Révolution.

Quant à la Ligue Communiste, créée comme élargissement des Jeunesses Communistes Révolutionnaires, elle a succédé au PCI comme section française de la 4° Internationale.

Quant au projet initial, il visait à poursuivre le processus révolutionnaire entamé en Février-Octobre 1917.

Il faut vraiment marcher avec des jumelles inversées pour écrire ce qui précède !!!!

Quant à notre projet égalitariste, il consiste à poursuivre ce qui a été interrompu en décembre 1921, lorsque la formoisie a recommencé à se verser ses salaires d'exploitation : aller vers le partage égal de la production mondiale : 1000 euros pour tous.
Et le partage mondial des investissements : 300 euros par mois.

Sans le comprendre, nous étions une "aile égalitariste inconsciente" de la LCR.

Seule la science peut nous permettre de nous situer dans la lutte des classes et dans la lutte des strates.


mercredi 03 juin à 22h10

L'ignorant auquel ce texte répond osait écrire "la LCR a été créée dans le but de diviser le PS ..... etc "

samedi 16 mai 2009

Sur Libération une réponse à un "trotskyste" Vive l'égalitarisme A bas le stalinisme

En usurpant l'identité de Léon, vous écrivez "vive le communisme!!"

puis
"Il s'agit bien d'une crise de surproduction et la seule solution pour faire face à l'écarte qui existe entre les capacités de production, et les capacités de consommation, c'est la destruction massive des forces productives, et par voie de conséquence un chomage massif et une baisse drastique du cout du travail salarié. "

Sauf que vous oubliez le fait que les salariés d'Occident sont des EXPLOITEURS pour la majorité d'entre eux.
Ce sont les min gong payés 2 euros par jour, les amis de Michael Agbor payés 50 euros par mois par Vincent Bolloré sous la protection des fusils de Paul Biya et des Jaguar de Nicola Sarkozy qui sont les VRAIS EXPLOITES.

Le faux programme révolutionnaire auquel vous faites allusion n'a mené qu'à l'échec et au stalnisme.
J'ai répondu au vra Trotsky quant à ses erreurs de 1937 : il y a un combat à mener contre la FORMOISIE exploiteuse.

Et nous combattrons au nom du SALAIRE UNIQUE MONDIAL, au nom de l'EGALITARISME, au nom du LIBERALISME, tous les agents de la classe formoisie qui - comme vous le faites - VEULENT RECOMMENCER LEUR PRENTENDUE PLANIFICATION DEMOCRATIQUE.
Planification accaparée par les "spécialistes" de la classe formoise à leur profit.
Voir un propriétaire immobilier comme le clown Besancenot venir nous parler de "planification démocratique" nous incite à prépare le processus trotskyste de "révolution permanente" incluant la lutte contre la formoisie et la lutte contre l'INNOVOISIE fascisante des amis de Arditi et de Le Forestier.

L'investissement sera démocratique : 300 euros par mois gérés par chaque citoyen (30 euros par mois à partir de 7 ans)
Les politiciens n'auront plus la clés du coffre.

Même s'ils sont révocables.

Salutations égalitaristes les meilleures
(1000 euros par mois pour chaque Terrien)




===
(le reste du texte)
Si vous voulez inverser cette mécanique, il n'y a pas d'autres choix que de s'engager dans un processus révolutionnaire. L'expropriation des capitalistes, la socialisaton de l'ensemble du systèmes bancaire, la socialisation de l'ensemble des grandes entreprises, *** sans indemnités ni rachat***, voila seules les mesures qui nous permettrons de mettre fin à l'anarchie et l'insécurité perpétuelle dans laquelle nous vivons. La planification de l'économie sous contrôle de la classe salarié, instruite des expériences socialistes du passé, nous permettra de réguler la production sur les besoins des populations, de permettre aux populations de consommer ce qu'elles produisent, de contrôler le cours des prix, mettre un terme à la spéculation financière, génératrice de tant de catastrophes économiques.

    C'est ca le programme que nous ont legué Marx, Engels Lénine et Trotsky!
    Vendredi 15 mai à 14h32

vendredi 15 mai 2009

Republication de "C'est la formoisie qui a assassiné Trotsky " qui a été dé-référencé hors des moteurs Google (essai pour test)


La classe formoise veut toujours plus.
La bourgeoisie des diplômes, la bourgeoisie du capital humain veut toujours consommer davantage.
Elle sabote les révolutions depuis les sabotages de Bersntein, Noske et autres crapules sociales démocrates.

Elle sabote les révolutions comme elle sabotait la révolution russe sous le déguisement menchévik.
Elle organisa la contre-révolution stalinienne à partir de janveir 1922 pour augmenter au maximum les écarts de salaire.

Mais cette classe d'exploiteurs dont le quartier général - après 1927 - était à Moscou (comme le quartier général de la classe capitaliste est à Langley) , alla jusqu'au crime pour préserver son pouvoir.

Le sabotage de la révolution allemande, le sabotage de la révolution chinoise avortée de 1927 ne lui suffisait pas : il fallut massacrer la totalité du parti bolchévique.

La crainte de l'égalitarisme augmentait les pathologies de Joseph Staline, le grand leader de la formoisie dans des proportions considérables.

Ce fut le fils de la criminelle stalinienne Eustacia María Caridad del Río Hernández
(qui aurait assassiné 20 militants trotskystes espagnols), lui-même agent du NKVD, qui sera chargé du meurtre de Trotsky.
Pour protéger les intérêts de la bourgeoisie de la formation, il fallait empêcher la construction d'une véritable Quatrième Internationale égalitariste. Il fallait empêcher de nouvelles révolutions bolchéviques, il fallait empêcher de nouvelles révolutions égalitaristes.



L'assassinat de Trotsky au Mexique devenait une urgence.
Le crime sera perpétré le 20 août 1940 dans la banlieu de Mexico.
Sous le double pseudonyme de Jacques Mornard et de Franck Jackson, l'agent stalinien Ramón Mercader commis le crime formois après avoir séduit une sympathisante troskyste.





STALINE CONTRE L'EGALITARISME

La lutte acharnée de la formoisie et de son chef contre l'égalitarisme rendait nécessaire le meurtre contre Trotsky.
La lutte de juillet 1917 des menchéviks, des socio-révolutionnaires et de leur chef Kerensky contre l'égalitarisme les avait entrainé les leaders formois jusqu'à passer alliance avec les fascistes des groupes racistes pro-tsaristes.
En août 1917, Kérensky complotait avec le général Kornilov.
Le but de la classe formoise était alors d'empêcher à tout prix le reversement de la classe capitaliste.



C'était la même crainte qu'avait la classe formoise - dans sa composante russe et internationale -. La bourgeoisie du capital humain craignait le renversement de la classe capitaliste et l'aspiration à l'égalitarisme qui allait monter.
Il avait fallu assassiner en Espagne et détruire la révolution anticapitaliste.
Les staliniens étaient allé jusqu'aux meurtres : assassinat des militants du POUM et des anarchistes.

L'inégalité des salaires que revendique le NPA et Olivier Besanenot est le point fondamental du programme de cette classe exploiteuse criminelle.
Cette classe formoisie profite des miettes distribuées par les esclavagistes tel Vincent Bolloré.
Miettes volées sur le dos des Africains.

Cette tradition du vol colonial, la direction pseudo-trotskyste du SWP la reprit : Ils soutinrent - avec l'aide de Krivine Mandel Sabado and Co, la répression contre le groupe "Brigade Simon Bolivar" de soutien à la révolution nicaraguayenne, groupe internationaliste créé à l'initiative de Nahuel Moreno.
La ligne politique du SWP qui évalua de plus en plus en faveur de Cuba était logique : Il fallait que les faux trotskystes de la formoisie étasunienne passent alliance avec l'ami de l'assassin de Trotsky.

Il était logique que la formoisie, base sociale de Krivine et de Besancenot glisse peu à peu en direction de Fidel Castro, le protecteur de Ramon Mercader.

Les Jeannette Habel et les autres - crypto staliniens déguisés en faux-trotskystes - sont bien les fidèles amis du protecteur de l'assassin de Trotsky.
Faire le grand écart n'a jamais gêné Jeannette Pienkny.
Mais, à la LCR, parfois, une voix sincère dévoile le pot aux roses.


Ils sont "trotskystes" comme le moyen d'emêcher la croissance de groupes égalitaristes. Ils sont "trotskystes" comme Jospin est "socialiste" et Buffet "communiste".
Des menteurs qui crachent sur Trotsky et le marxisme.

Une seule et unique chose compte pour eux : la défense acharnée des intérêts de la bourgeoisie des diplômes.


On lira avec intérêt le récit de la mort de Léon Trotsky par sa compagne,

Ce fut ainsi...

Natalia Sédova Trotsky


Ce test de re-publication vise à étudier si Google France est tombé dans l'incompétence totale ou dans la censure politique acharnée :


lire à ce propos :

vendredi 15 mai 2009

Google censure : EFFACEMENT DE 376 TEXTES du blog Monsyte des archives de blog de Google ! Incompétence technique persistante ou volonté politique ?



lundi 27 avril 2009

Critique matérialiste dialectique du texte écrit par Trotsky «en Défense du marxisme» 3/3 "Défense de l'U.R.S.S. et social-patriotisme"

En défense du véritable matérialisme dialectique, il faut critiquer l'apologie d'un pseudo-marxisme sclérosé écrit par Trotsky « en Défense du marxisme ».(3/3) « Défense de l'U.R.S.S. et social-patriotisme.».

par Yanick Toutain

25/04/09

27/04/09


Ce qui suit est une critique faite d'annotations rédigées à l'intérieur du texte rédigé le 4 novembre 1937 par Léon Trotsky.


Défense de l'U.R.S.S. et social-patriotisme.

Tout cet échafaudage sociologique, malheureusement très fragile ne sert à Craipeau, nous l'avons dit, qu'à s'évader de la nécessité de distinguer au cours de la guerre entre l'U.R.S.S. et les Etats impérialistes.


YT : Appeler « échafaudage sociologique » le contenu de n'importe quel débat – même mauvais – sur la question cruciale de la nature de classe du groupe dirigeant l'URSS est irresponsable. Prétendre que l'enjeu principal était de se préparer à « distinguer au cours de la guerre entre l'U.R.S.S. et les États impérialistes » est stupide.

La question du soutien ou non à l'URSS considérée comme la première question à résoudre est une forme de social-patriotisme russe – d'une forme semblable à celle que Trotsky reproche à Craipeau.

La réponse à la question de « quelle classe dirige l'URSS ? » est aussi la réponse à la question de « Quelle classe a saboté la deuxième Internationale ? », « Quelle classe de salariés exploiteurs a soutenu les bourgeoisies « patriotiques » pour la boucherie contre les peuples que fut la Première Guerre Mondiale ? ».

C'est aussi la réponse à la question de « Quelle classe a saboté toutes les révolutions européennes ?» de la période 1918-1938.

Réduire l'enjeu à la question de l'URSS – à la question de la défense de l'URSS - est totalement absurde, limité et limitatif.

Très révélateurs sont les deux derniers paragraphes de son traité où il aborde le problème. Craipeau nous dit : "De nos jours, toute guerre européenne ou mondiale se résout à un conflit impérialiste et seuls les imbéciles staliniens et réformistes peuvent croire que, par exemple, l'enjeu de la guerre future sera le fascisme ou la démocratie".

YT : Comme en 1914, la fonction principale de la guerre n'est pas – comme le croit naïvement la «tradition » marxiste un partage du monde. La fonction de la guerre de 1792 était de stabiliser le pouvoir de la bourgeoisie. La fonction de 14-18, la fonction de 39-45 étaient d'empêcher les révolutions anticapitalistes d'avoir lieu.

La montée du poids politique de la formoisie et des travailleurs exploités dans la première décennie du 20° siècle est ce qui a motivé les bourgeoisies à déclencher préventivement la guerre mondiale.

Les données dont nous disposons – citées factuellement par Trotsky dans sa « Révolution Russe » sont parfaitement claires : les 6 premiers mois de l'année 1914 en Russie étaient gros d'une nouvelle révolution. Plus puissante encore que celle de 1905. 1917 est la suite de ces 6 mois de luttes ouvrières !

Aux USA, en Allemagne, presque partout, le poids électoral des partis de la formoisie était ascendant. Même Jack London nous le signale dans son « Talon de Fer » écrit 7 ans avant la guerre.


Notez bien cette thèse magistrale : bien que quelque peu simplifiée, elle est exacte et pourtant empruntée, cette fois-ci, à l'arsenal du marxisme.

YT : C'est un « marxisme » un peu sclérosé, en l'occurrence.

Immédiatement après afin de caractériser et de fouailler l'U.R.S.S. comme "champion de la guerre impérialiste", Craipeau nous dit : "Dans le camp de Versailles, sa diplomatie [celle de l'U.R.S.S.] joue maintenant le même rôle d'animation que la diplomatie hitlérienne dans l'autre camp". Admettons.

YT : Il faudra que les économistes égalitaristes se penchent sur cette question: La formoisie est-elle impérialiste ?

Dans quelle mesure la nécessité pour elle de développer la lutte contre le capitalisme – ce qui la contraint à soutenir les luttes des nationalités opprimées - est-elle contradictoire avec le fait de pomper de la plus-value en provenance des pays exploités par l'URSS.

On a vu des pays de l'Est se faire voler par l'URSS dans l'après-guerre.

Déterminer la balance entre les deux enjeux – voler du travail gratuit et s'assurer un rapport de force global en sa faveur – a été une question à réponses variables.

Que l'URSS ait soutenu économiquement Cuba ne prouve absolument pas une absence de pratiques « impérialistes formoises », de pratiques de vol de plus-value, dans d'autres circonstances, dans d'autres pays.

Cet impérialisme n'est pas basé sur une exportation de capitaux comme l'impérialisme capitaliste, mais il est clair que les prix d'échange différents des valeurs nous prouvent des pratiques d'exploiteurs dans les comportements de l'URSS.

Mais le caractère impérialiste de la guerre est-il déterminé par le rôle provocateur de la diplomatie fasciste ? Pas du tout. "Seuls les imbéciles staliniens et réformistes peuvent le croire." Et j'espère que, pour notre part, nous n'allons pas appliquer le même critère à l'État soviétique. On est défaitiste dans les pays impérialistes -n'est-ce pas ?- parce que l'on veut abattre le régime de la propriété privée et non parce que l'on veut châtier un quelconque "agresseur".

YT : Le défaitisme dans les pays capitalistes est lié à la nécessité de vaincre militairement l'État bourgeois, victoire psychologique et victoire physique. La fonction du défaitisme est de profiter de ce qu'un État capitaliste concurrent ait commencé à disloquer les structures militaires de l'État vaincu.

Quand à la victoire à obtenir, il ne s'agit pas de la limiter à abattre le régime de la propriété privée. Croire cela revient à limiter la notion de capital à celle du capital machine.

Intégrer la notion de capital humain – capital savoir répétitif, capital inventif – cela nécessite le fait de prendre en considération la nécessité conjointe d'abattre le régime de la propriété privée du capital humain. Et donc, dès le début du processus révolutionnaire, de déchirer les diplômes et des droits d'auteur.

Cela induit un défaitisme distinct et une stratégie différentes. Le travail en direction des troupes marocaines du général Franco aurait été modifié par le mot d'ordre stratégique de « salaire unique pour tous ». D'autres modifications tactiques sont aussi à envisager.

Dans la guerre entre l'Allemagne et l'U.R.S.S., il sera question de changer les bases économiques de cette dernière, non de punir Staline et Litvinov. Et alors ? Craipeau n'a posé sa thèse fondamentale- que pour emprunter aussitôt une voie opposée. Le danger, le vrai danger selon lui est que les social-patriotes de tout poil prendront la défense de l'U.R.S.S. pour prétexte à de nouvelles trahisons.

YT : La guerre des nazis est effectivement une guerre contre-révolutionnaire. L'invasion de la France est aussi un acte délibéré, voulu, souhaité par la bourgeoisie française, comme par la bourgeoisie allemande, comme une revanche de la défaite provisoire qu'elles subirent de la formoisie française et des exploités français. Le nazi anglais frère du roi invité sur la ligne Maginot à y faire de l'espionnage qui envoie son bras droit rendre compte, aussitôt à Hitler, du résultat de cette tournée d'observation stratégique, fait, bien évidemment, partie d'un complot capitaliste international.

Les barbares nazis furent effectivement le bras armé de la bourgeoisie européenne, de la partie de la bourgeoisie étasunienne dont le leader était l'antisémite Henry Ford, le premier financier de Hitler .

Il est évident que la tentative fasciste de février 1934 en France amena la bourgeoisie française à renoncer à faire la police elle-même, de l'intérieur, et à considérer que l'intervention extérieur, si elle allait lui coûter plus cher, aurait le mérite que donne le succès.

On voit – dans le film 'Bon voyage', - cette bourgeoisie qui se réjouit de cette vengeance sur le Front Populaire.

Mais ce caractère contre-révolutionnaire des guerres caractérisées d'impérialistes est à double fonctionnement : les militaires de 1914 annonçaient clairement qu'ils allaient assassiner les syndicalistes rebelles dès le début de la guerre, en profitant du champ de bataille.

Il n'y a pas de spécificité de la question de l'URSS quant à la contre-révolution.

Quand les coalitions féodales veulent abattre la France républicaine, la défense des mouvements anti-féodaux des pays monarchiques est autant une nécessité que la défense de l' « Etat » anti-féodal français. Les guillemets appliquées aux années 1792-1794 se justifient par le fait que cet « Etat » est un être non-existant : les structures de coercition n'ont aucune véritable stabilité : ce n'est que Thermidor qui sera la sonnerie de trompette de la création d'un véritable Etat bourgeois.

Il aura fallu assassiner Hébert et tuer Robespierre et Danton – le dernier par le pénultième.

Fallait-il en 1795 défendre l'Etat bourgeois du Directoire ?

Fallait-il le défendre contre les assauts des monarchies féodales.

Fallait-il défendre un Etat qui allait massacrer les derniers vrais républicains ?

C'est pourtant la réponse que donne Trotsky !

L'Etat bourgeois de 1794 n'est pas plus à défendre que l'Etat formois de 1939 !


"Dans de telles conditions, toute équivoque dans notre attitude devient fatale." Et de conclure : "Aujourd'hui, il est nécessaire de choisir : soit la "défense inconditionnelle" de l'U.R.S.S., c'est-à-dire (!!!) le sabotage de la révolution dans notre pays aussi bien qu'en Union soviétique, soit le défaitisme et la révolution".

Nous y voici.

YT : Nous y voilà ! Trotsky confond l'Etat bourgeois de 1795 et la confiscation des propriétés féodales.

Il aurait voulu que les babouvistes prennent la défense des accapareurs des biens nationaux. Il aurait voulu que les babouvistes défendent le bras armé de ces gangsters !

Défense de l'URSS est une formule rhétorique qui masque la réalité.

Le dernier « S » de l'URSS a été juridiquement détruit par le constitution de 1936 et politiquement en 1921. Il n'y a plus de « soviets » en URSS !

Ce sont pourtant ces soviets qu'il fallait défendre.


Ce sont, en effet, les soviets que les bolchéviks ont défendu en défendant Kérensky à la fin de Aout 1917.

Ce Kerensky qui complotait avec le général Kornilov allait être balayé par un coup d'Etat dirigé par ce général proto-fasciste.

Il fallait défendre les soviets.


Mais l'histoire a montré que Staline se comportait comme Tiers en 1870 : il préférait, en toute circonstances passer alliance avec l'ennemi extérieur plutôt que de passer la moindre alliance avec son ennemi intérieur.

C'est la grande leçon de l'époque : la formoisie préfère toujours la bourgeoisie que l'égalitarisme.

Il fallait défendre Paris contre les Prussiens, il fallait défendre la Russie contre les fascistes.

Mais il fallait défendre Paris contre Tiers et la bourgeoisie. Mais il fallait défendre la Russie contre Staline et la formoisie.

Il reviendra à des débats ultérieurs avec des spécialistes de la chronologie fine de cette époque de clarifier les modalités de la tactique : Comment agir en 1939, en Russie, en prenant exemple des communards ? Comment il aurait été possible de traiter Staline de la même façon que les Communards traitèrent Tiers ?

Appeler à une insurrection préventive, dirigée par un Toukachevsi, insurrection antiformoise, insurrection égalitariste, aurait été – même si aventuriste – une tactique dix mille fois plus intelligente, historiquement, que la stupide « défense de l'URSS ».

Comme si Marx avait appelé les Communards à la « défense de la France républicaine » ?!!!

Le problème n'est pas du tout le caractère social de l'U.R.S.S. - et ce qu'il implique - puisqu'aussi bien, selon Craipeau, la défense d'un Etat ouvrier, même lorsqu'il est tout à fait authentique, implique que le prolétariat des pays impérialistes, alliés à cet Etat, conclut l'union sacrée avec sa propre bourgeoisie.

YT : Charabia rhétorique qui noie le véritable débat.

"Ici réside la clé de l'énigme" comme l'on dit. Craipeau croit qu'en cas de guerre -avec un grand G- le prolétariat n'a aucun intérêt à savoir s'il s'agit d'une guerre contre l'Allemagne, l'U.R.S.S. ou le Maroc insurgé, puisque dans tous les cas il est indispensable de proclamer "le défaitisme sans phrases" comme étant la seule possibilité d'échapper à l'emprise du social-patriotisme.

YT : Entre le "le défaitisme sans phrases" que Trotsky reproche à Craipeau et la stupide « défense de l'URSS », les acquis du marxisme, en intégrant le concept de formoisie et donc celui d' Etat formois, sont clairement plus près de Craipeau que de Trotsky.

Une nouvelle fois, nous voyons -et avec quelle clarté- que l'ultragauchisme est toujours un opportunisme qui a peur de lui-même et demande, en conséquence, des garanties absolues -c'est-à-dire des garanties inexistantes- qu'il restera fidèle à son drapeau. Ce genre d'intransigeance fait revenir à la mémoire le cas de ces hommes faibles et timides qui, lorsqu'ils deviennent furieux, crient à leurs amis : "Retenez-moi ou je fais un malheur". Donnez-moi des thèses hermétiquement scellées, mettez-moi un bandeau totalement opaque ou sinon... je vais faire quelque chose de terrible.

Nous avons véritablement trouvé la clé de l'énigme.


YT : Oui, mais elle est le fait que le refus obstiné de Trotsky de constater l'existence de la classe formoise. En l'occurence, l' « opportuniste » est bel et bien celui qui appelle – de facto - à la défense inconditionnelle de l'Etat formois.

Car, c'est bien de cela qu'il s'agit. Imaginons un pseudo-marxiste qui aurait expliqué aux Parisiens l'urgence de défendre la « France républicaine » face à l'offensive de Bismarck en 1870.

Un vrai marxiste – Marx – l'aurait accusé d'agir par opportunisme en défendant – sans prononcer le mot – l'Etat bourgeois.

Marx aurait accusé un Trotsky « opportuniste bourgeois » de l'époque de masquer son opportunisme bourgeois sous une formule creuse comme le Trotsky de 1938 défend la formule creuse de « URSS ».


Mais, en tout état de cause, Craipeau doute-t-il, par exemple, du caractère prolétarien de l'Etat soviétique entre 1918 et 1923 ou, au moins, pour faire une concession aux ultra-gauches, entre 1918 et 1921 ?

YT : On le voit ici, l'intellectuel Trotsky n'est pas complètement perdu. Il sent bien, ici, qu'il existe une faiblesse dans son argumentation.

L'Etat mi formois-mi-formarien, de demi Etat de 1917-1921 n'est pas la forme formoise achevée de 1936.

Il sent bien qu'il y a un distingo à faire. Mais ce distingo l'effraye.

Car il implique de nommer la classe qui a acaparé cet Etat comme le fit la bourgeoisie thermidorienne de 1794.

Au cours de cette période l'Etat soviétique manoeuvrait dans le domaine international et cherchait des alliés temporaires. Mais c'est précisément au cours de cette période que le défaitisme fut érigé au rang de devoir pour les ouvriers de tous les pays impérialistes. "ennemis aussi bien qu'"alliés".

YT : Et alors ?

Le devoir de défendre l'U.R.S.S. n'a jamais signifié que le prolétariat révolutionnaire devait donner un vote de confiance à sa bourgeoisie.

YT : Il recommence son imbroglio. En 1920, l'URSS existait encore !

Défendre l'URSS de 1920 c'est défendre une structure étatique dans laquelle la formoisie est encore politiquement très faible et contrainte à accepter que les ouvriers aient les mêmes salaires que les ingénieurs.

C'était un proto-Etat égalitariste !!!

L'attitude du prolétariat au cours de la guerre est la prolongation de son attitude en temps de paix.

YT : Et alors ?

Le prolétariat défend l'U.R.S.S. au moyen de sa politique révolutionnaire qui n'est jamais subordonnée à la bourgeoisie mais toujours adaptée aux conditions concrètes.


YT : Adaptée « aux conditions concrètes ».mais surtout une politique adaptée à une analyse des classes n'oubliant pas ni la formoisie ni l'innovoisie. Les « conditions concrètes » sont toujours pour les ignorants – hors des analyses stratégiques - les portails de l'opportunisme.

Tel est l'enseignement des quatre premiers congrès de l'Internationale communiste. Craipeau veut-il que nous révisions rétrospectivement cet enseignement ?

YT : Ces congrès ont - tous les 4 - un point aveugle : l'existence de la classe exploitese formoise. Il faudra réécrire des pans entiers, pour obtenir ce qu'aurait du être leur rédaction à l'époque. En particulier tous les textes qui invoquent la nécessité du « front unique ».

Ainsi que les passages sur les partis « ouvriers-bourgeois ».


Si Blum, au lieu de proclamer la perfide "non-intervention", avait, tout en continuant à obéir aux ordres du capital financier, soutenu Caballero, Negrin et leur démocratie capitaliste, Craipeau aurait-il renoncé à son opposition irréductible au gouvernement de "Front populaire" ?

YT : Question vicieuse et de mauvaise foi ! L'opposition aurait évidemment cessé d'être « irreductible » dans la mesure du soutien de ses actes – concrets – antifascistes.
Il suffit de lire ce que Marx écrivait à Lincoln pour comprendre ce que cela signifie.

Un militant anticapitaliste peut relever la présence d'actes historiquement positifs dans les comportements des politiciens bourgeois.

D'autant plus que ces actes auraient contrains Blum à rompre avec les radicaux et à s'engager dans une voie « formoise révolutionnaire ».

Aurait-il failli à son devoir qui est de distinguer entre les deux camps qui luttent en Espagne et d'adapter sa politique à cette distinction ?

YT : Il n'y a pas DEUX camps en Espagne. Il y a autant de camps que de classes en multipliant par trois le nombre. Franquistes bourgeois (petits, moyens, grands), franquistes formois, franquistes féodaux, franquistes innovois, républicains bourgeois, républicains formois, républicains féodaux - peu -, républicains innovois ( en chefs de file : les Malraux, Hemingway and Co). Tous ces camps défendent l'Etat bourgeois contre l'égalitarisme. Il faut ajouter les classes exploitées en révolution.


La même remarque vaut pour l'Extrême-Orient. Si Tchang, emboîtant le pas à l'Angleterre, déclarait la guerre au Japon, Craipeau participerait-il à l'Union sacrée pour aider la Chine ? Ou bien proclamerait-il, au contraire, qu'il n'y a pour lui entre la Chine et le Japon aucune différence qui puisse influencer sa politique ?

YT : Si la Japon veut imposer le fascisme à la Chine, les égalitaristes luttent contre les fascistes japonais. Comme les Parisiens contre Bismarck. Mais aussi sans et contre les Thiers et les Staline.

L'alternative de Craipeau : soit la défense de l'U.R.S.S., de l'Ethiopie, de l'Espagne républicaine, de la Chine coloniale par la réalisation de l'Union sacrée, soit un défaitisme systématique, hermétiquement scellé et d'ampleur cosmique -cette alternative fondamentalement erronée s'effondrera en poussière à la première épreuve des faits et ouvrira largement la porte aux formes les plus grossières du social-patriotisme.

YT : Le « social-patriotisme » c'est le sien. Défendre inconditionnellement l'URSS. C'est de l'opportunisme-formois.


"Nos propres thèses sur la guerre, demande Craipeau sont-elles exemptes de toute équivoque sur la question ?"

Malheureusement non. Analysant la nécessité du défaitisme, elles soulignent que "dans la nature des actions pratiques des différences considérables peuvent être provoquées par la situation concrète au cours de la guerre". Par exemple, les thèses indiquent qu'en cas de guerre entre l'U.R.S.S. et le Japon, "nous ne devons pas saboter l'envoi d'armes à l'U.R.S.S." et, par conséquent, éviter de susciter des grèves qui saboteraient les manufactures d'armes, etc. On peut à peine en croire ses yeux. Les événements ont confirmé notre position dans ce domaine avec une force remarquable et indiscutable particulièrement en France.

Pendant des mois, les meetings ouvriers ont vibré au cri de "Des avions pour l'Espagne". Imaginons un moment que Blum ait décidé d'en envoyer quelques-uns. Imaginons qu'à ce moment bien déterminé une grève de dockers ou de marins ait été en cours.

Qu'aurait fait Craipeau ? Se serait-il opposé au cri "Des avions pour l'Espagne" ? Aurait-il conseillé aux travailleurs en grève de faire exception pour le cargo chargé d'avions ? Mais il se trouve que l'U.R.S.S. a effectivement envoyé des avions (à très haut prix et à titre de soutien au régime capitaliste, je le sais parfaitement), les Bolcheviks-léninistes auraient-ils dû appeler les ouvriers soviétiques à saboter ces envois ? Oui ou non ?

YT : Trotsky oublie juste un petit détail : la haute probabilité que les égalitaristes russes aient pu s'emparer des ces armes.

Il oublie aussi de préciser s'il aurait soutenu la livraison de panoplies de geôliers de goulags ? S'il aurait soutenu la livraison d'instruments de tortures ? S'il aurait soutenu la livraison à Staline de poisons visiblement destinés à faire avouer les prétendus saboteurs des procès de Moscou.

Des dockers étasiniens auraient-ils saboté la livraison d'armes pour Thiers. La question aurait eu une simple réponse : tout cela aurait dépendu de la possibilité pour les Parisiens et les révolutionnaires de récupérer ces armes. Pour un usage contre la Prussiens …. et contre les Versaillais !!!



Si, demain les travailleurs français apprennent que deux cargaisons de munitions sont préparées pour être expédiées, l'une au Japon, l'autre en Chine, quelle sera l'attitude de Craipeau ?

YT : Faut-il livrer des armes aux Versaillais ? Même si l'on craint que Bismarck ne reprenne l'offensive contre Thiers ?

Je considère qu'il est assez révolutionnaire pour appeler les travailleurs à boycotter le bateau destiné à Tokyo et laisser aller celui pour la Chine sans, pourtant, cacher son opinion sur Tchang Kai-Chek ni exprimer la moindre confiance en Chautemps9. C'est là exactement ce que préconisent nos thèses : "Dans la nature des actions politiques des différences considérables peuvent être provoquées par la situation concrète au cours de la grève". Des doutes à propos de cette formule pouvaient être soulevés à l'époque où ces thèses ont été publiées en avant-projet.

YT : Mais cela implique de voir la formoisie de Staline. C'est l'enjeu principal.

Mais aujourd'hui, après l'expérience de l'Ethiopie, de l'Espagne et de la guerre sino-japonaise,


9 Camille Chautemps, politicien radical, fut président du Conseil en 1939.

Défense du marxisme

L. Trotsky Page 5 / 119

parler d'équivoque dans nos thèses me semble relever de l'attitude d'un Bourbon ultra-gauche qui ne veut rien apprendre ni rien oublier.

YT : Celui « qui ne veut rien apprendre » c'est celui qui le dit ! C'est Trotsky !


Camarade Craipeau, l'équivoque est totalement de votre côté. Votre article est plein de telles équivoques. Il est vraiment temps de vous en débarrasser. Je sais pertinemment que jusque dans vos erreurs, vous êtes guidé par votre haine de l'oppression qu'incarne la bureaucratie thermidorienne.

YT : Psychologiser les mobiles de Craipeau a pour conséquence de persister dans son aveuglement personnel. Un égalitariste de 1927 aurait pu écrire à Trotsky : « Je sais pertinemment que jusque dans vos erreurs, vous êtes guidé par votre haine de l'oppression qu'incarne la bureaucratie thermidorienne »

YT et enchaîner par

Mais à lui seul, le sentiment, aussi légitime soit-il, ne peut remplacer une politique correcte, basée sur les faits objectifs.

YT : Il manque, une nouvelle fois, le facteur principal : une analyse matérialiste historique actualisée.


Le prolétariat a des raisons suffisantes de renverser et de chasser la bureaucratie stalinienne corrompue jusqu'à la moelle. Mais pour cette raison même, il ne peut, ni directement ni indirectement, laisser ce soin à Hitler ou au Mikado.

YT : Il n'a jamais été demandé à Bismarck de prendre le soin de renverser la bourgeoisie versaillaise ni aux capétiens de Brunswick de renverser la bourgeoisie proto-Thermidorienne.

Staline renversé par les travailleurs : c'est un grand pas en avant vers le socialisme, Staline éliminé par les impérialistes : c'est la contre-révolution qui triomphe.

YT : Une nouvelle fois, cette pseudo-analyse est stupide et a été annihilée par l'histoire. Les révoltes anti-formoises de 1953, de 1956, de 1968 ont été vaincues par les staliniens formois.

Et cela s'est produit après que la fin de la guerre ait révélé l'immense potentiel révolutionnaire égalitariste qui bouleverait la planète. En Terre du Nord comme en Terrre du Sud.

Mais les partis pseudos-trotskystes étaient devenus des agences formoises, des partis radical-formois.

Natalia Trotsky tenta du lutter contre cette dégénérescence. Mais elle fut vaincue par les crypto-staliniens formois du pablisme mandeliste.

L'entrisme « sui-generis » sonna le glas des espoirs des révolutionnaires égalitaristes de cette génération.

L'incompétence de Trotsky en économie et en philosophie allait aboutir à la démission de Natalia de la 4° Internationale : elle refusa – jsutement – de perpétuer cette imbécile « défense inconditionnelle de l'URSS »


Le Trotsky de 1937 avait trahi le Trotsky de 1905. Celui qui aurait pu conceptualiser la classe formoise et l'Etat formois était trahi par le dilettante qui invoquait des mobiles biologiques à la prétendue nécessité des écarts de salaires.

Nous égalitaristes, nous sommes des trotskystes-1905, mais aussi des « Natalia-trotskystes ».

Nous reprenons le drapeau rouge de la révolution égalitariste de 1917 – révolution égalitariste dont le but était : « un seul salaire pour tous ».

Nous agiterons sur le développement inégal et combiné qui nous permet de comprendre que les Besancenot de l'avenir, sous leurs divers déguisements marxistes, trotskystes ou anarchistes, iront toujours se réfugier dans les jupes – et derrière les mitraillettes – des Kornilov du futur, pour défendre leurs privilèges salariaux.

Ce texte est aussi un missile théorique agitatoire.

Natalia serait fière de nous.

Et un Léon Trotsky rompant avec le dilettantisme et les approximations, aussi.

Tel est le sens précis de notre défense de l'U.R.S.S. à l'échelle mondiale il s'agit là d'une orientation analogue à notre défense de la démocratie à l'échelle nationale.

YT : C'est ce que nous disons depuis le début !!!! Défense des libertés bourgeoises, lutte contre l'Etat bourgeois !!!! Défense des acquis sociaux et lutte pour détruire les Etats de toutes les classes exploiteuses : Etat bourgeois, Etat formois hier et Etat innovois Gavras-Rappeneau-Goldman-Cabrel demain !!!


4 novembre 1937.

Défense du marxisme

YT : C'est ce que nous faisons : défendre un marxisme vivant. Pas un cadavre ni une bible !!!

L. Trotsky Page 6 / 119





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